mardi 28 septembre 2010

Une vision décalée de l'affaire Bettencourt, Woerth, Sarkozy et consort

La carte des mobilisations du 2 octobre


Afficher Carte des mobilisations CFDT pour le 2 octobre sur une carte plus grande

Pour Paris, le départ a lieu Place de la République. Le RDV est fixé sous le ballon F3C en fin du cortège CFDT qui est lui même l'avant dernier cortège (FO sera en queue). Nous ne partirons pas de la place avant 17 h. Mais ceux qui voudrons me tenir compagnie pourrons me trouver à partir de 13 h 30 dans la voiture qui sera sous le ballon !

Nous serons très probablement stationné rue du faubourg du temple.

dimanche 26 septembre 2010

25 septembre 1985 - 25 septembre 2010 (2 - Un an de débat)

Dans cet autre monde, il y avait des fous. Des gens qui pensaient qu'il fallait être "au coté du peuple" au sens populiste russe (Les Lettres historiques de Pierre Lavrov, écrites à Paris en 1868-1869, ont une influence forte sur la jeunesse. Elles réprouvent la violence terroriste comme moralement et politiquement condamnable et appellent à développer la propagande dans les masses paysannes en allant au peuple (c'est le sens du mot populisme). En 1873-1874, dans une véritable croisade romantique, des milliers d'étudiants gagnent les campagnes pour prêcher la révolution aux paysans). Les établis trotskistes de la période précédente, nous avait fait bien rire. Il singeait les maos de l'après 68. Il ne s'agissait pas de se déguiser en ouvrier que personne ne voulait être (pas plus les fils d'ouvriers que les autres), mais de refuser de se soustraire à l’impôt sur le temps qu'était le service national.
Evidemment, les autres en face nous avait vu venir. Nous étions plus souvent dans des camps que sur des casernes, regroupé à l'écart avec les jeunes sortant de prisons. En fait c'est surement des conditions plus dures, mais probablement plus loin de la hiérarchie militaire, donc plus libre pour agir, mais surtout vivre au quotidien et dans la possibilité d'organiser le quotidien de notre vie. Mais surtout, en nous regroupant pour éviter la contagion, nous avons été suffisamment nombreux pour nous imposer, puis nous allier avec les Droits Communs qui n'était, disons le, plus des petites frappes que des mafieux psychopathes.

Alors des débats, nous en avons eu. Et moultes même. Tout d'abord sur le rapport à la délinquance. Dangereux ou pas les délinquants ? Risquant de nous attirer la foudre ? Ou l'attirant et donc nous protégeant tels des paratonnerre humains ? Idiots utiles (l'enfer c'est les autres) ou retournable et utilisable ?

Plus politique ensuite, et ce fut deux mois d'échanges interrompus à Nantes : comment s'organiser ? En syndicat, comme si nous étions une classe sociale, alors que nous étions avant tout une génération. C'était l'optique favorite des reliquats du trotskismes (à l'époque la LCR était au fond trou et l'électoralisme ne les avait pas encore frappé). De leur point de vue, un syndicat n'étant qu'un vivier de recrutement, peu importe qu'il ne s'agisse que d'un intérêt générationnel.
En comité organisé et structuré au risque de s'exposer à la répression ? Au final ce qui a prévalu ce fut la notion d'action individuelle collective. C'est à dire d'actions conduite par des individus, autonomes les unes par rapport aux autres, mais s'inscrivant dans un cadre d'échange collectif. Le truc c'était de ne pas structurer le cadre d'échange, d'être avant tout dans des échanges bilatéraux entre individus. En déstructurant totalement la structuration, le concept protégeait contre notre criminalisation, mais par contre n'a jamais permis d'organiser un véritable mouvement d'ensemble et de le pérenniser vers les générations suivantes. Sur l'instant ces préoccupations étaient plus que marginales, l'idée fondamentale était de construire les outils permettant à chacun de résister au totalitarisme, mais aussi de ne pas se souiller moralement au contact de celui-ci. Agir de manière limitée, trouver les compromis nécessaires, ne pas se compromettre moralement en tant qu'individu.

Dit autrement, comment dans un système totalitaire, on peut construire les interactions avec ce système totalitaire sans jamais rentrer dans sa finalité, tout en construisant les coopérations (et donc les alliances) avec les autres acteurs de ce système (et notamment ses pairs) pour pouvoir survivre dans ce totalitarisme en influant localement sur son fonctionnement (et même sur des finalités partielles) sans se compromettre en tant qu'individu. La logique de l'influence locale et l'autolimitation étant directement importé de l'Europe Centrale et Orientale. Il s'agit trouver les méthodes d'actions même si l'on sait qu'au final, il sera impossible de changer la nature du système. Evidemment différence fondamentale avec une dictature "totale", dès que nous étions sorti du système, nous retrouvions les libertés démocratiques classiques... Mais à mon sens c’était un excellent exercice pour tenter d'appréhender la démarche à construire soit dans une dictature totale, soit dans un espace partiellement non démocratique d'une société démocratique (par exemple l'entreprise).

Débat plus chinois et coupeur de cheveux en quatre sur la notion d'arme défensive et offensive. Mais que l'on retrouvera également sur l'engagement militaire légitime ou non. La conclusion c'était que s'il est défensif, l'engagement militaire est légitime, s'il est offensif, il ne l'est pas. Dans la vraie vie, comment nous l'aurions résolu ce dilemme, fort heureusement, l'histoire nous en a dispensé.

Étions nous militariste ou antimilitariste ? Tous les jeunes étaient anti-militaristes. Mais nous, nous étions très partagé entre des pacifistes sincères, d'autres ayant un rejet viscéral du militarisme et enfin pour certain une contradiction forte entre un engagement politique n'excluant jamais l'option militaire et l'absurdité de ce que nous voyons.

A contrario, l'attitude des Témoins de Jehova qui envoyait régulièrement des jeunes jouer au martyr en refusant tout compromis avec l'institution, y compris les demandes de réforme ou celle d'objecteurs de conscience était incomprise par tous et fortement condamnés par nous. Elle n'avait aucun impact sur le système, les jeunes concernés le payait très cher. Mais évidement pour l'organisation "Témoin de Jehova" cela avait très probablement un rôle sur la manière dont ils s’attachaient leurs membres. D'une certaine manière tout ceux qui prônaient, sans en avoir les moyens, un affrontement frontal avec le système étaient dans une logique, non pas de faire bouger les lignes, non pas de construire des espaces de liberté, non pas de convaincre les autres. Ils étaient dans une logiquement d'isolement, à la seule fin de solidifier dans cette isolement leur organisation que celle-ci soit à finalité religieuse ou politique.

Vu d'ici et de maintenant, certains échanges sont étonnant. Il s'agissait de décider si on devait aller en Nouvelle Calédonie (toujours ce penchant pour être au coté du peuple), ou de savoir si les Volontaires Services Long était du coté des engagés ou du notre. Disons pour résumer que si nous acceptions les VSL comme nôtres, il est clair que la perspective de devoir être VSL pour aller en Nouvelle Calédonie ont refroidi beaucoup d'ardeurs (mais pas toutes).

Et l'année se finit sur le questionnement de la réserve. Mais de mémoire, personne n'avait au bout de 12 mois encore envie de jouer au petit soldat...

25 septembre 1985 - 25 septembre 2010 (1 - Un Autre Monde)

Un quart de siècle pile-poil et un hasard des 25 qui aurait du conduire à fêter cet anniversaire. Et pourtant, moi le premier, personne ne marquera cette date.

Un autre monde

Un regard en arrière sur 25 ans, c'est observer une France qui a profondément été transformée, mais dont beaucoup de marqueur d'aujourd'hui existait hier. Sur la plan politique, c'est une gauche carbonisé après la déroute du débat sur l'école vient de prendre une fessée aux élection régionale. Sa survie politique c'est tenter en attisant le débat sur l'intégration, sur la sécurité de faire monter le FN. Le tour de force, c'est que ce même pouvoir développe une stratégie de la tension avec certaines association autour de la montée, élections partielles après élections partielles du FN. Tout parallélisme avec un pouvoir de droite actuel est évidement exclu (non ?).

C'est également la violence qui monte en Nouvelle Calédonie. C'est aussi une partie de la hiérarchie militaire qui suit Charles Hernu dans les délires néozélandais qui aboutiront à un attentat contre Greenpeace. Les nageurs de combat deviendront célèbres et le ministre Hernu démissionnera le 20 septembre 2005.

Regarder la France avec 25 ans de décalage, c'est regarder un pays dont le ministre de la Défense mangea simultanément dans la gamelle soviétique et dans l'américaine. Comme quoi dans cette guerre froide aujourd'hui complètement oublié on pouvait faire des affaires ! C'est un monde où l'accès à un cabine téléphonique est une nécessité, celle où le courrier quotidien et multiple remplace facebook.

C'est effectivement un autre monde où l'on parle en politique et en droit commun, où l'on peut négocier (scène ubuesque s'il en est) avec un sous-off' représentant la Sécurité Militaire de sa propre capacité à obtenir une habilitation concernant le secret de la défense nationale. La conclusion de cette conversation ubuesque c'est que devenir le chiffreur d'un base militaire, c'est probablement pas une bonne idée. Par contre l'accès aux dossiers médicaux de la même base ne pose pas de problème. Seul hic au tableau c'est que la notion militaire d'un dossier médicale est très large et inclus le fichage policier et politique... Très pratique pour savoir qui est qui et conseiller discrètement sur les affectations.

C'est un autre monde où le scandale du sang contaminé ne fait pas encore scandale, où l'hépatite C s'appelle encore hépatite non A non B. Mais un monde où l'on fait jusqu'en juin 1985 des collectes de sang dans des populations où le pourcentage de toxicomanes (cf fichier médicaux) dépasse les 10 % (nombre de Droits Communs sont en fait simplement des toxicos). Viendra après juin 1985 le temps où, après filtrage sur interrogatoire (toxicos, hépatite, homosexuels - au passage bonjour l'amalgame, mais il dure toujours), on teste la séropositivité au virus Hiv et les annonces qui suivent. Combien de jeunes hommes de 18 à 20 ans y ont appris leur état sérologique. Presqu'aucun n'en mesurait les conséquences à une période où aucun traitement n'était envisageable. Mais de celà peu s'en souciait... (Act Up New York a été fondé en 1987 et Act Up Paris en 1989 !).


Face à Hadopi, le PP appelle à l'action politique !



"Alors que des attaques par DDOS contre les serveurs de hadopi.fr et TMG se préparent, nous appelons leurs futurs auteurs à la raison et à l'engagement citoyen et/ou politique.

Nous ne cautionnons pas ces attaques vaines et contre-productives, qui amènent de l'eau au moulin de nos adversaires, qui stigmatisent déjà les internautes et les criminalisent.

Si nous comprenons et partageons la colère et l'indignation des internautes, et plus largement, des femmes et des hommes qui voient leurs libertés et leurs droits sacrifiés au nom du copyright/droit d'auteur, nous savons aussi que seule une vigilance citoyenne et un engagement politique sans faille viendront à bout des politiques répressives menées contre nos libertés fondamentales.

Ne réagissez pas contre, agissez pour

Rejoignez notre combat !"

Communiqué du Parti Pirate le 23 septembre 2010

dimanche 19 septembre 2010

Happy Birthday Walter Breuning

Le gouvernement veut réguler les télécoms sans débat au Parlement



Société 2.0 -


Le Gouvernement demande au Parlement de lui accorder pendant 6 mois le pouvoir de légiférer seul sur certains aspects des télécommunications, notamment dans le renforcement de "la lutte contre les faits susceptibles de porter atteinte à la vie privée et au secret des correspondances".



Lorsque l'on connaît la politique du gouvernement en matière de communications électroniques et de régulation des contenus sur Internet, il y a de quoi s'inquiéter vivement. Samuel Autheuil prévient sur son blog que le Conseil des ministres a adopté mercredi matin un projet de loi "portant diverses dispositions d'adaptation de la législation au droit de l’Union européenne en matière de santé, de travail et de communications électroniques". Il devra être adopté par le Parlement, qui accepterait le cas échéant de se défaire de son pouvoir de légiférer sur certains aspects des télécoms. Il n'aura qu'un droit de véto.


L'article 11 du projet de loi prévoit en effet d'autoriser le Gouvernement à prendre par ordonnance toute une série de dispositions de nature législative de transposition du Paquet Télécom adopté par le Parlement Européen. 


Prévu à l'article 38 de la Constitution, le mécanisme des ordonnances est régulièrement utilisé pour transposer en droit français les directives européennes techniques et fastidieuses, qui encombreraient sinon le Parlement. Mais il y a souvent la tentation pour le pouvoir d'abuser des autorisations délivrées spécialement par le Parlement pour légiférer au delà de ce qu'imposait les directives, pour réécrire des pans entiers de la loi. Pour ne pas risquer la censure du Conseil constitutionnel, il faut que le gouvernement rédige sa demande d'autorisation de manière suffisamment large pour ouvrir le champ des possibles, et rester toutefois précis sur les domaines dans lesquels il peut écrire la loi sans débat parlementaire. Un art subtile.


Outre les réglementations d'apparence techniques qui souvent posent aussi des questions politiques (comme le montre par exemple la gestion du dividende numérique), un point en particulier pourrait ouvrir grand la porte aux dérives dans le projet de loi de transposition du Paquet Télécom.


Le 4° de l'article 11 prévoit en effet d'autoriser pendant 6 mois le gouvernement à prendre par ordonnance toutes mesures qui ne sont pas imposées par le Paquet Télécom mais qui sont de nature à :



  • renforcer la lutte contre les faits susceptibles de porter atteinte à la vie privée et au secret des correspondances dans le domaine des communications électroniques, notamment en ce qui concerne la recherche, la constatation et la répression des infractions ;

  • répondre aux menaces et prévenir et réparer les atteintes à la sécurité des systèmes d’information des autorités publiques ainsi que des opérateurs mentionnés aux articles L. 1332-1 et L. 1332-2 du code de la défense

"Je suis d'autant plus inquiet que l'étude d'impact (.pdf) est absolument muette sur ce 4°", note Samuel Autheuil. Si le gouvernement demande ces autorisations, c'est forcément qu'il sait ce qu'il veut en faire. Mais nous ne pourrions le découvrir qu'au moment de la publication de l'ordonnance au Journal Officiel. Elle deviendra alors immédiatement applicable, mais devra pour le rester être ratifiée par le Parlement via l'adoption d'un projet de ratification déposé dans les trois mois suivant la publication de l'ordonnance. C'est donc une sorte de droit de véto accordé au Parlement, qui est beaucoup plus théorique que pratique.


Article diffusé sous licence Creative Common by-nc-nd 2.0, écrit par Guillaume Champeau pour Numerama.com

Carte des mobilisations du 23 septembre


Afficher Carte de mobilisations CFDT pour le 23 septembre 2010 sur une carte plus grande

Attention à Paris le RDV est à 13 heures. Le cortège CFDT est en tête, le cortège de la F3C est presque devant. On partira donc à l'heure. RDV sous le ballon Fédération Communication Conseil Culture !

vendredi 17 septembre 2010

Le parti pirate veut se faire entendre


Société 2.0 -


Désormais représenté par un porte-parole, le Parti pirate veut mieux se faire entendre. Interrogé par Poli Geek, Paul Da Silva est revenu sur les principaux dossiers qui rythment l'actualité du numérique en France.



Le 30 août dernier, le Parti pirate français se dotait d'un véritable porte-parole en la personne de Paul Da Silva. Membre du mouvement depuis plusieurs mois, il s'est illustré récemment en développant l'extension Firefox CensorCheap, en soulignant les faiblesses du blocage voulu par l'ARJEL ou encore en révélant la "négligence caractérisée" des sites gouvernementaux.


Souhaitant "porter la voix du parti pour qu’elle atteigne les médias", Paul Da Silva s'est prêté à un entretien avec Poli Geek. Au cours de l'interview, le porte-parole est revenu sur la naissance de la formation politique, ses objectifs et la position du mouvement sur quelques-uns des principaux dossiers - Hadopi, Loppsi, ACTA - concernant la sphère numérique.


Plus spécifiquement, Poli Geek s'est intéressé à certaines initiatives menées par leur homologue suédois. En effet, le Piratpartiet a récemment fait parler de lui en annonçant la création de son propre fournisseur d'accès à Internet, le PirateISP.


Une initiative saluée par Paul Da Silva, mais qui pose la question de la place d'un parti politique dans le champ de l'entrepreneuriat. D'ailleurs, Poli Geek a opposé la création du PirateISP avec la naissance (hypothétique) d'une banque par l'UMP. Un parallèle caricatural, mais qui a le mérite de soulever des questions de fond.


Comme les Verts l'ont fait avec l'écologie, le porte-parole du Parti pirate a expliqué que son mouvement souhaite à moyen-terme sortir du cadre du numérique pour s'intéresser à  d'autres problématiques concernant les Français. Mais pour l'heure, les dossiers actuels sont suffisamment denses pour inciter le Parti pirate à se concentrer sur leur domaine de prédilection.


Et pour la suite ? Le mouvement souhaite rapidement se développer au-delà de la région Île-de-France. Si le Parti pirate s'est illustré lors des élections législatives partielles dans les Yvelines, Paul Da Silva admet que sa formation doit encore convaincre hors de la région parisienne.


La vidéo de l'entretien :



Article diffusé sous licence Creative Common by-nc-nd 2.0, écrit par Guillaume Champeau pour Numerama.com

mercredi 15 septembre 2010

Dernière ligne droite pour la consultation sur la neutralité du net


Société 2.0 -


Il reste quinze jours aux citoyens européens pour présenter leur réponse à la consultation européenne sur la neutralité du net. Si le document est en anglais, la Commission pourra réceptionner toutes les réponses rédigées dans les langues de l'Union européenne. Pour la Quadrature, il est indispensable que la société civile participe à ce débat.



C'est la dernière ligne droite. Le 30 septembre prochain, la consultation publique démarrée il y a deux mois sur la neutralité du net prendra fin. Il ne reste donc plus que deux semaines à "toutes les parties concernées" pour répondre au questionnaire produit par la Commission européenne. À cette occasion, la Quadrature du Net a rappelé que les citoyens européens peuvent aussi participer à cette consultation.


"Plus les citoyens et les ONG répondront à ce questionnaire, plus nous aurons de chance de peser collectivement sur les politiques européennes" souligne l'initiative citoyenne. L'enjeu est de taille, car Internet a grandi dans un environnement libre et ouvert. Or, ce cadre est aujourd'hui remis en question par les opérateurs télécoms et les grands producteurs de contenus


"Les grands opérateurs télécoms et les lobbies du droit d'auteur sont main dans la main pour mettre un terme à la neutralité du Net afin d'augmenter leurs revenus, et il ne fait aucun doute qu'ils répondront en masse à la consultation de la Commission". Aussi, pour éviter que les FAI aient les moyens de discriminer certaines données sur leurs réseaux, la Quadrature du Net invite chacun à apporter sa voix au concert des défenseurs de la neutralité du net.


Comme le fait remarquer l'organisation, il n'est pas obligatoire de répondre à toutes les questions. Au nombre de quinze, elles abordent plusieurs thèmes comme discrimination du trafic, la régulation sur les réseaux fixe et mobile, les services gérés (managed services) ou encore le droit des utilisateurs. De plus, les réponses peuvent être rédigées en français ou dans n'importe quelle langue officielle de l'Union européenne.


"Il s'agit de déterminer si les fournisseurs peuvent être autorisés à adopter certaines pratiques en matière de gestion du trafic internet" avait expliqué la Commission européenne, en juin dernier. En effet, la question est de savoir "si de telles pratiques peuvent créer des problèmes et se révéler déloyales pour les utilisateurs, si le niveau de concurrence entre les différents FAI et les exigences en matière de transparence du nouveau cadre réglementaire des télécommunications seront suffisants pour éviter des problèmes potentiels en permettant aux consommateurs de choisir".


Ensuite, en fonction des réponses reçues, la Commission européenne publiera une communication sur le sujet avant la fin de l'année 2010. C'est ce document qui déterminera la position de l'exécutif européen sur ce sujet, et qui permettra de savoir s'il est nécessaire d'entreprendre "des initiatives ou des orientations supplémentaires".


Article diffusé sous licence Creative Common by-nc-nd 2.0, écrit par Guillaume Champeau pour Numerama.com

jeudi 9 septembre 2010

Retraite : chat avec Marcel Grignard sur le monde.fr

jeudi 9 septembre 2010
11h01 Marcel Grignard:
Bonjour.

11h02 [Commentaire de la part de Eric Fotto ]
Considérez-vous les amendements de la droite sur les polypensionnés, les carrières longues, la pénébilité comme des avancés significative ?

11h02 Marcel Grignard:
A l'heure qu'il est, je crois que ces amendements signifient que le gouvernement et la majorité comprennent où sont les enjeux et les injustices. Par contre, le niveau de réponse est très en deçà de ce que peuvent attendre les salariés et les organisations syndicales.

11h03 [Commentaire de la part de Nabil W ]
Martine BILLARD, députée du parti de gauche, dénonce les mensonges d'Eric Woerth concernant la prise en compte de la pénibilité dans la réforme des retraites. Qu'en pensez-vous ?

11h03 Marcel Grignard:
Sur la pénibilité, il y a une tentative de réponse du gouvernement à travers la reconnaissance de l'invalidité et une évolution sensible hier, puisque le président de la République propose de passer le seuil de 20 % à 10 %.

11h04 Marcel Grignard:
Sur le fond, la méthode n'est pas la bonne parce qu'il y a une différence entre des invalidités reconnues et le fait que des salariés soient exposés à des contraintes qui vont porter atteinte à leur vie.

11h04 Marcel Grignard:
Par exemple, le travail de nuit a des incidences fortes sur la santé des gens, et ne conduit pas obligatoirement à des incapacités reconnues.

11h05 Marcel Grignard:
Cependant, une partie des salariés qui ont des incapacités sont effectivement des salariés exposés à des contraintes qui affectent leur durée de vie. Il nous semble que le débat commence à s'esquisser de bonne manière, mais que nous sommes très loin d'une solution systémique au problème de la pénibilité.

11h05 [Commentaire de la part de Puma ]
Peut-on encore obtenir du gouvernement un recul sur les 62 ans ?

11h05 Marcel Grignard:
Si nous avons décidé, avec d'autres, de poursuivre, et si possible d'amplifier les mobilisations, c'est parce que nous sommes convaincus que globalement les choses peuvent changer.

11h06 Marcel Grignard:
Sur la question des 62 ans, je crois qu'il sera difficile de faire bouger le repère en tant que tel. Par contre, je crois qu'il est possible d'obtenir des infléchissements sérieux qui en limitent fortement l'impact.

11h06 Marcel Grignard:
C'est en particulier la question des carrières longues. On ne peut pas accepter qu'un salarié qui commence à travailler à 18 ans devrait, du fait du recul à 62 ans, cotiser 44 ou 45 ans avant de partir à la retraite, alors que d'autres en seront à 41,5 ans.

11h07 [Commentaire de la part de Commandeur ]
La CFDT a signé un appel dans le monde d'hier pour unifier les 38 régimes français de retraites. pourquoi ne pas y inclure les régimes spéciaux ?

11h08 Marcel Grignard:
L'objectif que poursuit la CFDT à long terme, c'est de faire en sorte que la mobilité des salariés passant d'une profession à une autre, d'un régime social à un autre, soit neutre sur ses droits à la retraite. Ou, dit positivement, que chaque salarié soit assuré que toutes ses périodes d'activité entrent en ligne de compte.

11h08 Marcel Grignard:
De fait, cette démarche inclut les régimes spéciaux tout en tenant compte des particularités qui méritent d'exister.

11h10 Marcel Grignard:
Prenons un exemple : un salarié qui passerait une partie de sa vie dans une entreprise de transports, avec un régime particulier, une partie dans la fonction publique, une partie dans le secteur privé classique, il faut faire converger ces trois régimes pour que les droits acquis dans chacun d'eux s'additionnent et soient compatibles.

11h10 [Commentaire de la part de Cheval ]
Ne craignez vous pas que certains salariés en colère partent en grève reconductible sans les syndicats ?

11h11 Marcel Grignard:
C'est tout à fait possible. Cependant, je crois que la très grande majorité des salariés qui expriment à la fois le besoin d'une réforme, et en même temps d'une réforme juste, attendent des organisations syndicales qu'elles pèsent au mieux dans le débat parlementaire actuel pour des résultats très concrets.

11h11 Marcel Grignard:
Il n'est pas du tout certain, pour la plupart des salariés, que le processus de grève, notamment reconductible, peut conduire à ce résultat.

11h12 [Commentaire de la part de Djeune ]
En quoi est-ce juste, légitime et solidaire de me demander de payer, à l'aube de ma vie professionnelle, pour que les gens de la SNCF partent à la retraite à 53 ans et demi ?

11h13 Marcel Grignard:
L'enjeu d'un système solidaire, c'est de faire en sorte que la contribution de chacun participe à créer des droits adaptés à la situation de chacun.

11h13 Marcel Grignard:
Pour une large part, les salariés de la SNCF contribuent eux-mêmes, à travers leur statut, au financement de leur régime. Bien que le déséquilibre très fort entre actifs et retraités, dans ce secteur particulier, oblige à une forme de compensation.

11h14 Marcel Grignard:
La CFDT ne revendique pas la disparition des régimes spéciaux. En revanche, le souhait que nous avons d'une protection sociale juste et adaptée au monde tel qu'il est doit amener à regarder dans chacun des régimes quelles sont les spécificités qui ont toujours lieu d'être, quelles sont, celles, qu'il faut peut-être prendre en compte, quelles sont celles qui ne correspondent plus à ce que sont les réalités du travail et de la vie sociale aujourd'hui.

11h15 [Commentaire de la part de Sylvie K ]
La gauche utilise-t-elle la réforme des retraites à des fins purements politiques ?

11h15 Marcel Grignard:
D'abord, on ne peut pas considérer que sur les questions de la retraite la gauche soit très homogène, si l'on regarde l'ensemble de la gauche.

11h16 Marcel Grignard:
Je considère qu'il y a globalement eu un progrès dans la reconnaissance de la nature des problèmes liés aux régimes de retraite, même si, ici ou là, certains en restent à des postures plus proches de l'invective ou du "on peut raser gratis".

11h16 [Commentaire de la part de Immortelle ]
Bonjour, est-ce crédible de dire que vu l'allongement de la durée de la vie, le chômage chez les jeunes, il ne faut pas retarder le départ à la retraite ?

11h16 Marcel Grignard:
La CFDT considère que l'allongement de la durée de vie au travail est une donnée qui s'impose. Mais il faut distinguer durée de vie au travail et âge de départ.

11h17 Marcel Grignard:
Le fait de toucher aux bornes d'âge a comme principale incidence que l'allongement de la durée de vie au travail est profondément inégalitaire : avec le projet tel qu'il est, il est de quelques mois pour certains, de plusieurs années pour d'autres.

11h17 [Commentaire de la part de Musaraigne ]
Si le gouvernement lâche sur les 67 ans à taux plein, pourriez-vous accepter la réforme, comme en 2003 ?

11h18 Marcel Grignard:
La CFDT met en avant quatre inégalités fortes induites par la réforme proposée.

11h19 Marcel Grignard:
Il s'agit de la question de la pénibilité, de la situation des polypensionnés, et pour faire référence aux bornes d'âge, d'une part, la situation de ceux qui ont commencé à travailler très jeunes - ce qu'on appelle les carrières longues - directement impactés par la borne 62 ans, et tous ceux qui ont eu des carrières incomplètes ou difficiles impactés directement par la barre des 67 ans.

11h19 Marcel Grignard:
L'objectif pour la CFDT est de faire reculer toutes ces inégalités. C'est au regard de l'ensemble des avancées qu'on apprécie à la fois chacune et la portée globale de la réforme.

11h22 [Commentaire de la part de Pablo ]
le refus du décalage de l'age légal de départ à taux plein soit de 65 à 67,peut-il etre découplé de la résignation à accepter de fait le passage de 60 à 62 abs? Comment le justifier?

11h23 Marcel Grignard:
Les deux bornes, 62 et 67 ans, techniquement, sont tout à fait indépendantes.

11h23 Marcel Grignard:
Le gouvernement a décidé de les lier parce que c'est pour lui le moyen de trouver l'équilibre financier à son dispositif.

11h23 Marcel Grignard:
Mais je viens d'expliquer que l'impact des 62 et des 67 ans ne touche pas les mêmes personnes, même si, globalement, dans les deux cas, on impacte plutôt les salariés qui sont le moins bien lotis dans le monde du travail.

11h24 [Commentaire de la part de Jérome ]
Que pensez-vous de la hausse de la CSG concernant les retraités préconisée par Terra Nova qui chiffre la mesure à 11 milliards d'euros de gagnés.

11h24 Marcel Grignard:
La démarche de Terra Nova est intéressante, notamment parce qu'elle permet de reposer la question globale des prélèvements fiscaux et sociaux pour assurer les financements de nos protections sociales.

11h25 Marcel Grignard:
Dit autrement, sur la question des retraites, si à l'origine on pouvait comprendre que tout le financement reposait sur des cotisations assises sur la richesse produite dans l'entreprise, aujourd'hui il est évident que tous les éléments qui ressortent de la solidarité doivent reposer sur une autre source de financement.

11h26 Marcel Grignard:
A titre d'exemple, les bonifications pour enfants, ou la prise en compte de périodes non travaillées, qui peuvent se faire au nom de la solidarité, doivent être financées par une forme de solidarité nationale. La CSG, qui fait notamment participer tous les revenus financiers, permet d'aller vers un rééquilibrage entre prélèvements sur le travail et prélèvements sur le capital.

11h26 [Commentaire de la part de Guest ]
ne serait il pas judicieux de taxer les banques afin de payer nos retraites?

11h27 Marcel Grignard:
Je viens de dire qu'il faut rééquilibrer les prélèvements entre capital et travail pour taxer davantage le capital.

11h27 Marcel Grignard:
On a effectivement tous à l'esprit la situation des banques, qui ont très largement profité de l'aide publique pour surnager dans la crise financière de 2008 et qui surfent aujourd'hui sur des profits inadmissibles.

11h28 Marcel Grignard:
Pour autant, je crois qu'il faut distinguer ce qui doit relever de la taxation des banques et des institutions financières pour asseoir une régulation de la finance et une responsabilisation des banques, de la question du financement des protections sociales.

11h28 Marcel Grignard:
Je crois qu'au nom de la solidarité, on peut exiger une contribution sur les bénéfices financiers, quelles que soient les activités qui les génèrent.

11h29 [Commentaire de la part de Laurent.D ]
Le problème des retraites ne devrait-il pas être indissociable de la question du travail des seniors ? Comment peut-on demander aux salariés de travailler plus longtemps alors même qu'ils sont rejetés du monde du travail de plus en plus tôt ?

11h29 Marcel Grignard:
Si, à l'évidence. D'ailleurs, si rien n'est fait sur le travail des seniors, la réforme proposée est un leurre total.

11h30 Marcel Grignard:
Puisque l'allongement de la vie au travail voulu par le gouvernement se traduirait par un allongement au chômage des seniors.

11h30 Marcel Grignard:
Plus fondamentalement, c'est toute la politique de l'emploi qui doit être le socle d'une réforme des retraites.

11h31 Marcel Grignard:
D'une part, parce que les jeunes qui ont du mal à entrer sur le marché du travail sont aussi très impactés par l'allongement des durées de cotisation et que par ailleurs, un chômage de masse détruit tous les équilibres financiers de toutes nos protections sociales.

11h31 Marcel Grignard:
Au regard de l'emploi des seniors, je suis très étonné de la position du patronat, qui revendique le recul systématique de l'âge de départ à la retraite, mais continue, notamment dans les grandes entreprises, à faire partir les seniors en essayant de faire financer sur la collectivité le coût de cette politique.

11h32 [Commentaire de la part de Tout seul ]
Dans les statuts de votre syndicat, il y a la "défense de l'intérêt général". En quoi est-ce défendre l'intérêt général que de défendre des régimes spéciaux perpétuellement en déficits et donc générateur d'un dette à rembourser par tout le pays ?

11h32 Marcel Grignard:
La défense de l'intérêt général ne revient pas à dire que tout le monde doit être traité tout le temps de la même manière.

11h32 Marcel Grignard:
Un des problèmes de fond, d'ailleurs, du projet de réforme, c'est d'ignorer la réalité des parcours des individus.

11h33 Marcel Grignard:
Il y a des morceaux de régimes spéciaux qu'il faut certainement revoir, je l'ai déjà dit, mais je crois par exemple que les infirmières, qui travaillent de nuit et qui peuvent partir plus tôt à la retraite doivent bénéficier de notre solidarité des régimes de retraite, parce que personne ne conteste le fait que leurs professions sont indispensables à nos sociétés et que le type de travail qu'elles font les use prématurément.

11h34 [Commentaire de la part de michel ]
Pensez-vous vraiment que les journées d'action à répétition ne vont pas émietter la mobilisation et ainsi faire le jeu de ce gouvernement ?

11h34 Marcel Grignard:
Le gouvernement a tout fait pour nous rendre la vie difficile en annonçant le contenu de son projet à la veille de l'été et en adoptant un calendrier de débat particulièrement rapide.

11h35 Marcel Grignard:
D'une certaine manière, il nous oblige à multiplier les temps de mobilisation.

11h35 Marcel Grignard:
Je pense malgré tout que la compréhension de plus en plus grande de ce que sont les injustices de cette réforme pousse à réussir les mobilisations successives et de fait à croire possibles des avancées significatives.

11h36 [Commentaire de la part de Claudine ]
Jusqu'où l'intersyndicale peut-elle aller main dans la main? N'y aura-t-il pas un risque de fracture de l'unité à propos des 60 ans?

11h36 Marcel Grignard:
La CFDT souhaite que l'unité syndicale, qui existe au-delà de la question des retraites puisque c'est depuis septembre 2008 que la plupart des syndicats essaient de travailler ensemble, perdure au-delà du débat des retraites.

11h37 Marcel Grignard:
Tout simplement parce que l'éclatement et la surenchère entre les organisations syndicales sont contreproductifs et incompris par les salariés.

11h37 Marcel Grignard:
Sur les 60 ans, toutes les autres organisations syndicales savent clairement ce que veut la CFDT, comme la CFDT connaît dans le détail les positions des autres organisations.

11h38 Marcel Grignard:
Ce qui caractérise l'intersyndicale, ce n'est pas un rassemblement informel en ignorant nos différences, c'est la reconnaissance des différences et la volonté de les dépasser.

11h38 Marcel Grignard:
Tant que l'essentiel des organisations syndicales reste sur l'objectif de trouver ce qui rassemble de manière responsable, l'intersyndicale peut tenir.

11h39 [Commentaire de la part de knd ]
Quelle est la position de la CFDT vis-à-vis d'un système dans lequel le temps de cotisation serait multiplié par un coefficient en fonction de la pénibilité du poste (un trimestre à horaires décalés en vaut 1.5 par exemple)?

11h40 Marcel Grignard:
C'est ce genre de processus que défend la CFDT. Il faut lister les pénibilités qui portent atteinte à l'espérance de vie, mesurer les temps d'exposition individuelle, et créer une réduction de durée d'activité proportionnelle.

11h41 [Commentaire de la part de Pablo ]
que penser de la suppression de l'abattement pour frais professionnels dont bénéficient les retraités et pour quel gain?

11h42 Marcel Grignard:
La CFDT revendique une remise à plat globale de la fiscalité. Quelle doit être la contribution des retraités, comment prendre en compte la situation familiale autrement que par le coefficient familial actuel qui favorise les hauts revenus, autant de sujets sur lesquels il y a besoin d'une remise à plat.

11h43 [Commentaire de la part de Hibou ]
Les syndicats ne sont-il pas trop frileux ? pourquoi une nouvelle journée de mobilisation si tard ?

11h44 Marcel Grignard:
On ne pouvait pas décider d'une nouvelle journée d'action plus tôt que le 23 septembre, tout simplement parce que l'organisation de telles journées prend du temps et que, par exemple, il faut au minimum quinze jours dans les transports pour déposer un préavis.

11h45 Marcel Grignard:
Par ailleurs, nous sommes dans un processus parlementaire où nous avons voulu peser dans le débat à l'Assemblée nationale en manifestant le premier jour du débat, le 7 septembre. La journée du 23, en amont du débat au Sénat, vise à réinterpeller les élus, qui doivent entendre ce que leur disent les salariés qui sont leurs mandants sur cette réforme.

11h46 Marcel Grignard:
Par ailleurs, on n'ignore pas la difficulté pour les salariés, tant sur les questions d'emploi que sur les salaires. On ne peut pas appeler à tout bout de champ à l'action et à la grève.

11h47 [Commentaire de la part de Daccord ]
Je suis d'accord avec un coefficient supérieur à un pour un trimestre de travail pénible, mais aussi pour un coefficient inférieur à un pour le travail facile, qu'il soit celui du cadre de la défense ou celui du fonctionnaire dans l'administration. que me répondez-vous ?

11h47 Marcel Grignard:
Tout d'abord, je ne qualifierai pas les emplois ni de fonctionnaires ni à la Défense. Il y a des salariés qui subissent des conditions de travail difficiles partout.

11h48 Marcel Grignard:
Par contre, je trouve intéressant, au-delà de l'humour, d'avoir comme objectif que la vie au travail permette de se réaliser suffisamment pour avoir envie d'y rester encore un peu.

11h49 Marcel Grignard:
C'est d'ailleurs l'objectif de la surcote, et on voit un certain nombre de salariés qui ont des fonctions ou des contenus de travail qui sont peut-être fatigants, mais tellement valorisants que les salariés y restent bien après leur départ possible à la retraite.

11h49 Marcel Grignard:
Je crois qu'il ne faut pas abandonner l'objectif d'un travail épanouissant et socialement utile pour tous.

11h50 [Commentaire de la part de zebre ]
Pensez vous qu'Eric Woerth est encore un interlocuteur crédible ? Pourquoi ne pas demander sa démission ?

11h50 Marcel Grignard:
Nous disons depuis le début de l'"affaire Woerth" que la composition du gouvernement est de la responsabilité du président de la République.

11h51 Marcel Grignard:
Nous avons dit depuis quelques semaines qu'il nous paraissait difficile pour le ministre d'assurer à la fois sa défense dans cette affaire et la maîtrise totale du débat sur les retraites.

11h51 Marcel Grignard:
Nous voyons dans les faits, depuis le week-end dernier, que le discours et les décisions viennent de l'Elysée.

11h52 [Commentaire de la part de FT ]
En quoi les régimes spéciaux de la SNCF, de la Banque de France, ou des députés sont-ils justifiés ?

11h52 Marcel Grignard:
Il y a très clairement, dans une partie des régimes spéciaux, des restes d'avantages acquis auxquels les salariés tiennent, mais qu'il faut réinterroger.

11h53 Marcel Grignard:
Si la CFDT plaide pour un vrai débat de société, pour que in fine chaque salarié puisse faire des vrais choix dans un système de retraite équitable, c'est parce que l'ensemble de nos systèmes sociaux bâtis au lendemain de la dernière guerre sont très déphasés par rapport au monde dans lequel nous vivons.

11h54 Marcel Grignard:
Si nous voulons, en particulier, que les jeunes générations trouvent une crédibilité dans nos systèmes sociaux, il faut dire comment ces systèmes seront en capacité de répondre à ce qu'est la société d'aujourd'hui et à ce que seront les contraintes de la société de demain, plutôt que de dire que le passé doit formaliser l'avenir.

11h54 Marcel Grignard:
Je pense que la très grande majorité des salariés aspirent à une société équitable qui protège les plus faibles, qui balaie des situations acquises indûment.

11h55 Marcel Grignard:
Mais pour poser clairement le débat, il faut avoir une vision précise de l'état des lieux. Il ne faut pas non plus faire perdurer des représentations fausses.

11h55 Marcel Grignard:
Il est erroné de croire que tous les salariés qui bénéficient de régimes spéciaux seraient des privilégiés.

11h57 Marcel Grignard:
On attend de nos responsables politiques qu'ils aident à poser clairement ce débat-là. Si la CFDT réclamait un "Grenelle des retraites", c'est justement pour prendre le temps de cet état des lieux global, qui est la première étape indispensable pour une réforme qui soit comprise par tout le monde et où tout le monde peut vérifier qu'elle est juste et équitable.

Les militants du secteur en tête du cortège fédéral

De 7 septembre

Retraites : les syndicats maintiennent la pression

"Insatisfaits des concessions annoncées hier par Nicolas Sarkozy sur sa réforme des retraites et forts des défilés massifs de la veille, les syndicats ont appelé à une nouvelle "grande journée de grèves et de manifestations" le jeudi 23 septembre afin de peser sur le débat au Sénat qui débute le 5 octobre. Ils ont prévu une autre forme de mobilisation le 15 septembre, date prévue du vote du projet de loi à l'Assemblée, appelant à "une journée forte d'initiatives et d'interpellations des députés, des membres du gouvernement et
du président de la République dans les départements et les circonscriptions". Le chef de l'Etat a assuré en conseil des ministres hier qu'il était "attentif" aux "préoccupations" de la rue mais qu'il n'était "pas question" de revenir sur l'âge de départ en retraite à 62 ans, ni sur l'âge pour une pension sans décote à 67 ans. Il a cependant annoncé plusieurs concessions, chiffrées à un milliard d'euros."
Le Monde 9 septembre 7 h 59

dimanche 5 septembre 2010

L'hymne de l'équipe de france

Encore battu !

Is Internet for Porn ?

Les chercheurs cherchent sur tout. Enfin, surtout ils cherchent. Ce papier très sérieux est à lire. Surtout la logique de rabattage d'audience est à retenir pour les acteur de l'Internet quelque soit leur secteurs d'application.

Pour ceux qui ne lisent pas l'anglais. Un résumé en français est disponible ici

The online adult industry is among the most profitable business
branches on the Internet, and its web sites attract large
amounts of visitors and traffic. Nevertheless, no study has
yet characterized the industry’s economical and securityrelated
structure. As cyber-criminals are motivated by financial
incentives, a deeper understanding and identification
of the economic actors and interdependencies in the
online adult business is important for analyzing securityrelated
aspects of this industry.
In this paper, we provide a survey of the different economic
roles that adult web sites assume, and highlight their
economic and technical features. We provide insights into
security flaws and potential points of interest for cybercriminals.
We achieve this by applying a combination of
automatic and manual analysis techniques to investigate the
economic structure of the online adult industry and its business
cases. Furthermore, we also performed several experiments
to gain a better understanding of the flow of visitors
to these sites and the related cash flow, and report on the
lessons learned while operating adult web sites on our own.


Pour rire une vidéo


jeudi 2 septembre 2010

Les Etats Unis veulent maintenir le secret sur ACTA !



Société 2.0 -


Si les négociations autour de l'ACTA impliquent de nombreux pays dans le monde, un seul est manifestement responsable de l'opacité autour du projet d'accord international : les États-Unis. Et l'accusation ne vient pas des ONG traditionnellement opposées au contenu de l'accord, mais de sources européennes anonymes. À quelque semaines du dernier round, les langues commencent à se délier.



Fin septembre, le Japon accueillera le onzième round de négociation sur l'accord commercial anti-contrefaçon (ACTA). À cette occasion, les pays engagés dans ce processus ont fait savoir dans un communiqué vouloir "résoudre toutes les divergences substantielles restantes". Autrement dit, les négociateurs souhaitent finaliser le document à la fin du mois, pour obtenir dès cette année la signature des États concernés.


À nouveau les évolutions de l'ACTA sont frappées du sceau du secret. Nonobstant les quelques fuites qui ont eu lieu depuis, un seul document a été officiellement diffusé par les négociateurs de traité international. Il faut remonter au mois d'avril pour obtenir de la Commission européenne la publication d'une version consolidée du texte. Une publication faite sous la contrainte du Parlement européen, qui avait adopté une résolution à la quasi-unanimité pour obtenir la levée du secret.


Mais alors que l'ACTA approche de sa version définitive, les langues se délient peu à peu. Selon des sources européennes anonymes, le principal obstacle à la transparence de l'accord commercial anti-contrefaçon reste les États-Unis. "Les officiels américains ont refusé de laisser leurs homologues européens publier le projet d'accord en ligne", rapporte EurActiv.


D'après le réseau EurActiv, les officiels européens ont notamment souhaité publier les dernières avancées du texte qui ont été obtenues lors du 10e round de négociation qui s'est déroulé à Washington du 16 au 20 août dernier. Le communiqué de presse diffusé à l'issue de cette nouvelle rencontre avait d'ailleurs indiqué que des avancées avaient été obtenues "dans tous les chapitres de l'accord".


La transparence, plusieurs fois évoquée tout au long du processus rédactionnel de l'ACTA, n'aura finalement été qu'une chimère. Pourtant, les services juridiques du Parlement européen avaient considéré que le secret de fait autour des négociations était illicite à l'égard des élus européens. Un secret qui avait notamment suscité la colère du député pirate Christian Engström, qui avait claqué la porte des réunions à huis clos.


Une prochaine version du traité devrait néanmoins être officiellement publié dans les prochaines semaines. Suite à la réunion des négociateurs de l'ACTA à Washington, ces derniers étaient tombés d'accord pour "diffuser publiquement texte complet de l'accord avant de décider de le signer".


Article diffusé sous licence Creative Common by-nc-nd 2.0, écrit par Guillaume Champeau pour Numerama.com

Quand la patronne du Medef fait des sondages dans une poubelle...


Société 2.0 -


Présidente du MEDEF, Laurence Parisot a estimé qu'Internet devenait "la poubelle de l'Histoire". L'IFOP, dont elle est vice-présidente, se sert pourtant beaucoup d'Internet pour réaliser ses études d'opinion.



Laurence Parisot, la présidente du MEDEF et vice-présidente de l'IFOP, était mercredi l'invitée de Jean-Michel Aphatie sur RTL. Un passage de son interview a retenu l'attention de Daniel Schneidermann, le fondateur d'Arrêt sur Images. C'était au moment où celle qui négocie au nom du patronat la réforme des retraites avec le gouvernement était interrogée sur les multiples rebondissements de l'affaire Woerth :



Elle trouve que "l'on" fait preuve d'inhumanité, à son égard. Oui, d'inhumanité. Il faudrait laisser la Justice travailler, etc. "Qui fait preuve d'inhumanité ?" interroge Aphatie. Instant de flottement. Mettre en cause L'Express, auteur du scoop du jour ? Ce serait une lourde erreur. Des fois que Barbier commande un jour un sondage à l'IFOP ! Et soudain l'inspiration divine effleure la patronne du MEDEF : Internet. C'est Internet qui fait preuve d'inhumanité (entre autres défauts, Internet ne commande pas de sondages). D'ailleurs, "comme le dit le philosophe Alain Finkielkraut, Internet est la poubelle de l'Histoire", avance Parisot, recyclant une vieille citation.


C'est ici, après 7 minutes 30. Pour être plus précis, Parisot cite Finkielkraut en disant qu'Internet est "en train de devenir" la poubelle de l'Histoire, ce qui est légèrement moins radical, même si ça ne change pas grand chose sur le fond.


Nous n'avons pas trouvé trace de ces propos (mise à jour : les voici), que le philosophe a pu effectivement commettre. Finkiekraut s'est déjà ridiculisé par son incompétence voire ses mensonges sur le sujet, et son passage mémorable dans une émission d'Arrêt sur Images (sur abonnement) démontre au moins une paternité idéologique avec les propos cités par la patronne du MEDEF.


Celui qui à notre connaissance a explicitement parlé d'Internet comme d'une "poubelle", ça n'est pas un philosophe, mais un présentateur TV : Michel Denisot. C'est un autre philosophe, Bernard Henri-Lévy, qui lui avait porté avec talent la contradiction, en expliquant pourquoi selon son expérience Internet était beaucoup moins odorant d'ordures que la presse traditionnelle. "Sur Internet quand il y a une bêtise, on peut rectifier tout de suite", rappelait-il.


Mais il est surtout particulièrement cocasse de la part de la vice-présidente de l'IFOP d'affirmer qu'Internet devient la poubelle de l'Histoire. L'institut organise en effet des sondages en ligne, dont il défend la légitimité auprès de ses clients, et affiche fièrement "plus de 400 études par an" réalisées par Internet. "C’est devenu un moyen d’échanger différemment avec le citoyen-consommateur, de s’immerger dans son quotidien, d’établir avec lui un rapport plus collaboratif qui donne un nouveau sens et des nouveaux débouchés aux études", explique l'institut.


A croire qu'à l'IFOP, on aime se plonger dans les poubelles.


Article diffusé sous licence Creative Common by-nc-nd 2.0, écrit par Guillaume Champeau pour Numerama.com

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